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 L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €

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tonton christobal

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MessageSujet: L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €   L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 € EmptyMer 17 Oct 2018, 20:30

L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde
Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €

2 255 316 000 000 €, c’est le montant de la dette qui sera transmise à nos enfants. Impossible de concevoir un tel montant. Cela représente 33 567 € par Français. Une fatalité ? Nos voisins européens nous montrent que non.

Sommaire
- L’État français est abonné aux déficits depuis 1975
- La dette est une faute, mais pas une fatalité
- Réformer, c’est faire mieux avec moins
L’État français est abonné aux déficits depuis 1975
Depuis 43 ans, pas une seule année les administrations ne sont parvenues à équilibrer leurs comptes.
. Plus personne ne conçoit d’ailleurs que cela puisse arriver un jour. Désormais, l’objectif politique affiché est de limiter le déficit au sacro-saint 3 % du PIB.

D’après Eurostat, la dette publique atteignait 2 255 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2018, soit 97,7 % du PIB. Pour être rigoureux, il faudrait ajouter les droits acquis des retraités français qui sont aussi des engagements que l’État devra assumer, ce qui fait grimper la dette entre 400 et 550 % du PIB.

Alors que la dette publique augmente de 2090 € par seconde (moyenne 2017), elle baisse outre-Rhin d’un montant comparable, 1675 € par seconde.

Les États allemand et néerlandais accumulent des excédents qui permettent de diminuer le volume de leurs dettes depuis 2015. La France, l’Espagne et l’Italie, quant à elles, font figure de mauvais élèves malgré une situation économique conjoncturelle favorable.

Figure 1 : transition du déficit/surplus à la variation de la dette en pourcentage du PIB
Figure 1 : transition du déficit/surplus à la variation de la dette en pourcentage du PIB
(données Eurostat)
La dette est une faute, mais pas une fatalité
En allemand, « dette » et « faute » se traduisent en un seul mot « schuld ». Un budget déséquilibré pénalise doublement les générations futures de contribuables, pauvres comme riches : elles devront rembourser l’argent qu’elles n’ont pas dépensé tout en payant les intérêts des obligations. À l’heure actuelle, chaque nouveau Français naît avec une dette de plus de 33 000 € à rembourser.

Mais la dette opère aussi une redistribution inversée des pauvres vers les riches, appelée « Robin des bois à l’envers ». L’État emprunte de l’argent à ceux qui en ont, c’est-à-dire aux plus fortunés. Les emprunts publics sont donc une rente que les plus pauvres sont forcés de payer à ceux qui ont les moyens d’investir dans des obligations.

Parmi les cinq premières économies de la zone euro, seule la dette française augmente au prorata du PIB. Depuis 2012 en Allemagne et depuis 2014 aux Pays-Bas, la dette baisse significativement en volume. Ces pays montrent qu’il est tout à fait possible d’inverser la tendance.

Figure 2 : evolution de la dette publique brute en pourcentage du PIB
Figure 2 : evolution de la dette publique brute en pourcentage du PIB
(données Eurostat)
Réformer, c’est faire mieux avec moins
Face à sa dette colossale, le gouvernement canadien a engagé des réformes considérables dans les années 1990. L’État fédéral a dégagé des budgets excédentaires grâce à des réductions drastiques des dépenses publiques. Il a massivement baissé les impôts pour libérer la création de richesses. Le taux d’imposition des entreprises a été divisé par deux pour atteindre 15 % en 2013, soit le taux le plus bas des pays du G7.
À l’image de l’État providence français actuel, la Suède était soumise à une politique dirigiste et particulièrement spoliatrice dans les années 1980. L’État scandinave confisquait alors plus de la moitié des richesses produites et accumulait pourtant une dette considérable. L’éducation et la santé ont été partiellement privatisées et le statut des fonctionnaires a été supprimé. En Suède, il n’y a plus de régime spécial de retraites ni d’emploi garanti à vie pour les fonctionnaires.

Les exemples du Canada et de la Suède montrent qu’il est possible de réformer en profondeur les administrations et le périmètre de l’État pour libérer la création de richesse, améliorer les services publics en les ouvrant à la concurrence et réduire massivement la dette publique. Au Canada, d’après l’OCDE, cette dernière est passée de 130 % du PIB dans les années 1990 à moins de 90 % avant la crise de 2007-2009. Sur la même période, l’État suédois s’est désendetté de près du tiers de la charge pesant sur les générations futures, en passant de 80 % à 50 % d’endettement.

Il n’y a rien de plus antisocial qu’une dette publique, mais il est possible de mettre fin à la spirale du « Robin des bois à l’envers » relativement vite. Pour réformer ses administrations, Emmanuel Macron ne doit pas chercher à « faire des économies » qui ne feront que dégrader la qualité des services sous les monopoles d’État. Son étatisme doit être remis en question pour engager une refonte structurelle entre ce qui relève des missions régaliennes et ce qui doit être libéré par le marché et la concurrence. Le dernier projet de loi de finances n’en prend malheureusement pas le chemin.


La dépense publique française par habitant est supérieure de 67,8% à celle de l’Allemagne

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-Allemagne-se-desendette-de-1675-EUR-par-seconde?utm_source=2018-10-15&utm_medium=lettre-fr&utm_campaign=lettre-fr&utm_content=article5042
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tonton christobal

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MessageSujet: Re: L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €   L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 € EmptyMer 17 Oct 2018, 20:36

https://www.lopinion.fr/edition/economie/depenses-publiques-macron-flambe-bien-plus-que-hollande-debut-mandat-165434

Il ne faudra pas compter sur Emmanuel Macron pour désintoxiquer la France de cette drogue qu’est la dépense publique !

La presse semble de plus en plus se préoccuper des dérives budgétaires de Macron et ce n’est pas moins de 4 articles que j’ai trouvés sur le sujet et que je vais tenter de synthétiser dans cet article.
Je me souviens que, pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron avait été surnommé : Emmanuel Hollande. Au début du quinquennat, il avait semblé faire oublier sa filiation avec son prédécesseur en changeant drastiquement de style. Mais les faits sont têtus et sur certains points l’élève Macron va dépasser le maître Normal 1 er !

Je commencerai par cet article de l’Opinion :

Dépenses publiques : Macron « flambe » bien plus que Hollande pour son début de mandat
qui nous apprend qu’à mi-mandat, le président de la République aura augmenté les dépenses de 51 milliards d’euros, alors que son prédécesseur s’était contenté d’une hausse de 37 milliards d’euros. C’est 36% de plus !

Si l’on met de côté l’année de l’élection présidentielle, pour laquelle la responsabilité budgétaire se partage entre pouvoir sortant et entrant, on constate qu’Emmanuel Macron va dépenser beaucoup plus que François Hollande sur les deux premiers exercices budgétaires de son mandat.
51 milliards. Si l’ancien président de la République a augmenté la dépense de 18,8 et 18,3 milliards d’euros en 2013 et 2014, Emmanuel Macron explose les compteurs avec des hausses respectives de 29 milliards en 2018 et 22 milliards d’euros en 2019. Une augmentation de 51 milliards d’euros de la dépense publique en deux ans, contre 37,1 milliards « seulement » pour François Hollande. Un écart de 14 milliards d’euros qui ne promet rien de bon pour la suite du quinquennat.

Bercy tente de rassurer en expliquant que cela reste moins que les 34 à 35 milliards d’augmentation annuelle moyenne entre 2003 et 2012. Il n’empêche : le nouveau monde est indéniablement plus dépensier que l’ancien. Preuve que la frugalité budgétaire n’est pas sérieusement au programme du gouvernement : alors que l’Union européenne va prélever 1,7 milliard d’euros de moins que prévu sur le budget de l’Etat, la dépense totale de l’État ne va baisser que de 1,4 milliard d’euros par rapport à l’objectif fixé en loi de programmation des finances publiques.

Toujours dans l’Opinion, Rémi Godeau enfonce le clou avec son édito :
1000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires: une douce tyrannie française
En 2017, ménages et entreprises ont payé plus de 1 000 milliards d’euros d’impôts et de cotisations. Par son énormité, ce chiffre ne peut qu’interpeller le plus plumé des contribuables. Il faut dire qu’au fil des ans, nos experts ès finances publiques ont pris l’habitude de manipuler les payeurs que nous sommes en préférant les ratios ésotériques aux chiffres en valeur absolue. Et voilà comment une moindre hausse des dépenses se transforme en baisse. Voilà comment l’Etat envisage un déficit de 3,6 % du PIB plutôt que d’avouer qu’il vivra plus de trois mois à découvert, pour 84 milliards d’euros. Voilà comment un taux de prélèvements obligatoires – même le plus élevé de l’OCDE, à 45,3 % du PIB – masque une dérive alarmante.
Car de ces 1 000 milliards d’euros prélevés sur le labeur des Français, on peut tirer trois leçons.
• Primo, en dix ans, l’Etat, la Sécu et les collectivités locales ont ponctionné 217 milliards d’euros supplémentaires. Une décennie durant laquelle des idéologues patentés ont pourtant hurlé au démantèlement de notre système social, crié à l’austérité, ratiociné sur les ravages de l’ultralibéralisme…
• Secundo, d’ici 2019, la facture devrait s’être alourdie «de manière spontanée» de 32 milliards. Un chiffre à comparer avec les 19 milliards d’allégements fiscaux vantés par le gouvernement. Pour Bercy, less is more.
• Tertio, le débat récurrent sur les taxations du revenu et des bénéfices ne doit pas occulter que plus des deux tiers des ponctions sont désormais indirectes (et la tendance s’accentue), donc censées être indolores – et la retenue à la source parachèvera l’anesthésie générale. A croire que notre machine fiscale, hors de tout contrôle, mute pour éviter un effondrement du consentement à l’impôt. Jusqu’à quand cette douce tyrannie abusera-t-elle les citoyens-contribuables ?
Le rapporteur général du budget, Joël Giraud, a dû corriger les chiffres par trop optimiste de Bercy.

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Il se profile une augmentation des taux du crédit... à vos poches les franchouillards !

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Salamandre

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Keynes est souvent cité pour avoir prescrit un déficit public en cas de crise.
Mais il recommandait aussi de se désendetter entre deux crises. Pas de faire du déficit tous les ans.


La France pourra-t-elle maîtriser l’envolée de sa dette ?
Nicolas GALLANT Publié le 18/03/2020

La réponse de l’Etat français à la pandémie de coronavirus va favoriser un alourdissement du poids de la dette publique de la France. La question est de savoir si la trajectoire de ce fardeau pourra être stabilisée, souligne François Ecalle, le président de l'association Fipeco.

Décidément, la propagation de la pandémie de coronavirus et les mesures de confinement qui en résultent assombrissent les perspectives économiques de la zone euro. A tel point que Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, n’a pas hésité à évoquer une récession de 5% dans l’Union européenne, rapporte le Frankfurter Allgemeine Zeitung. La patronne de la BCE a estimé que les mesures de confinement auraient un impact compris entre 2 et 10 points de pourcentage sur la croissance européenne.

Ce net refroidissement à venir sur le front de la croissance ne manquera pas de peser sur les finances publiques déjà très dégradées. La question étant de savoir dans quelle mesure… Dans ce contexte de très grande incertitude, François Ecalle, ancien rapporteur général du rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques et président de l'association Fipeco, a cherché à mesurer l’impact sur le déficit et la dette publique d’une évolution du PIB dans les années 2020 à 2024 identique à celle des années 2008 à 2012 (c’est-à-dire les années suivant la crise financière des subprime). Si la crise actuelle est “évidemment très différente”, ce scénario permet néanmoins de montrer “l’ordre de grandeur de ses effets possibles et d’en tirer des enseignements pour la politique économique à suivre”, relève-t-il.

En supposant un solde structurel stabilisé à son niveau de 2019, des mesures temporaires de relance mises en œuvre en 2020-2021 à hauteur de 1,3 point de PIB (31 milliards d’euros) comme en 2009-2010 et un solde conjoncturel fluctuant avec l’activité économique en jouant son rôle de stabilisateur automatique, “le déficit public serait compris entre 4 et 5,5% du PIB dans les années 2020 à 2024”, juge l’expert. La dette publique augmenterait fortement en 2020 et 2021, puis plus modérément, pour atteindre 116% du PIB à fin 2024 (contre près de 99% à fin 2019), selon lui.

La hausse de l’endettement de fin 2019 à fin 2024 (+17 points de PIB) serait ainsi inférieure à celle qui a été constatée de fin 2007 à fin 2012 (+26 points). “La principale raison est que le déficit structurel est stabilisé à 2,2% du PIB dans ce scénario alors qu’il était de 4,4% du PIB en 2007 et qu’il était encore de 4,1% en 2012”, explique l’expert, qui relève que “si la France avait réduit plus fortement son déficit structurel dans les années 2010 à 2019, la dette augmenterait moins”.

Si cette hausse est jugée “préoccupante”, le plus important est néanmoins de pouvoir “stabiliser la dette en pourcentage du PIB, quel qu’en soit le niveau. Or, si la croissance repart, la faiblesse des taux d’intérêt facilitera cette stabilisation”, juge François Ecalle.

Dans le scénario retenu, le déficit primaire structurel atteint en 2024 permet de stabiliser la dette au-dessous de 115% du PIB. “Il est très important que les nécessaires mesures de relance de l’activité et de soutien des ménages et entreprises soient temporaires pour que le déficit structurel n’augmente pas”, met en garde l’économiste.

Reste que les intervenants des marchés financiers pourraient néanmoins considérer que ce scénario n’est pas réaliste et qu’une dette de 115% du PIB est trop élevée. Ils pourraient ainsi augmenter la prime de risque sur les emprunts de la France (c’est-à-dire exiger un taux d’intérêt - une rémunération - supérieur sur les obligations d’Etat de l’Hexagone pour compenser un risque perçu accru) et rendre ainsi “beaucoup plus difficile le contrôle de l’endettement public”, avertit François Ecalle.

Si l’expert juge ce risque limité “du fait de l’existence de la zone euro et des possibilités d’achats de titres publics de la BCE”, cela suppose toutefois une solidarité entre les pays financièrement solides (l’Allemagne ou les Pays-Bas, par exemple) et les pays fragiles de la zone euro (l’Italie, notamment), qui risque d’être mise à rude épreuve…

https://www.capital.fr/entreprises-marches/la-france-pourra-t-elle-maitriser-lenvolee-de-sa-dette-1365091
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Salamandre

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C’est grave, docteur ? On ne sait pas encore, ça dépend. Un peu comme pour le coronavirus au début.

Face au coût astronomique de la crise, la cruciale capacité de la France à se financer
L’exécutif a déjà prévu que la dette publique franchira largement les 100 % du PIB pour financer les mesures déjà prises puis le plan de relance économique à mettre sur pied une fois l’épidémie endiguée. Le déficit public devrait exploser.
Par A. Tonnelier et R. Besse Desmoulières Publié le 3.04.2020

Des milliards d’euros qui semblent tomber du ciel. Chaque jour, le gouvernement annonce de nouvelles mesures pour tenter de faire face à la crise sanitaire qui ravage une France confinée et risque de se traduire par un désastre économique. Le nécessaire sera fait, « quoi qu’il en coûte », avait martelé Emmanuel Macron le 12 mars.
Trois semaines plus tard, 1 salarié sur 5 est en chômage partiel – soit 4 millions de personnes dont le salaire est pris en charge par l’Etat. Pour ce dispositif, assoupli pour éviter au maximum les licenciements, le ministère du travail évoque désormais un coût de 11 milliards €, contre les 8,5 milliards initialement prévus. Le fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, évalué à 1,2 milliard € par mois, coûtera finalement 500 millions de plus. Et c’est sans compter le report du paiement des cotisations sociales et fiscales – un manque à gagner de 32 milliards par mois, dont rien ne dit qu’il sera récupéré dans son intégralité –, les 4 milliards € annoncés le 31 mars par le président de la République pour l’achat de matériel médical, le coût des arrêts maladie pour raison de santé ou de garde d’enfants, les primes promises aux soignants hospitaliers et aux fonctionnaires d’Etat, le plan de relance économique à mettre sur pied une fois l’épidémie endiguée... L’exécutif a déjà prévu que la dette publique franchira largement les 100 % du produit intérieur brut (PIB). Le déficit public devrait exploser.

« C’est cinquante fois plus grave »
La France a-t-elle les moyens financiers de faire face à la crise, tout en assurant ses dépenses courantes, du paiement des fonctionnaires à celui des prestations sociales en passant par la charge de la dette et les dépenses de fonctionnement et d’investissement ?
Raymond Soubie, qui se dit « terriblement inquiet », était conseiller social de Nicolas Sarkozy lors de la crise financière 2008. « A l’époque, c’était une crise financière, souligne-t-il. Ce n’est pas le cas actuellement, mais le système économique et productif risque de s’effondrer. C’est cinquante fois plus grave. Mais tant qu’on n’assiste pas à une crise des dettes souveraines, l’Etat peut faire face. »
François Ecalle, ancien conseiller maître de la Cour des comptes, explique que « c’est la capacité d’emprunt sur les marchés qui compte. Pour qu’un Etat soit en défaut de paiement, il faut qu’il n’arrive plus à emprunter, ou seulement à un taux extrêmement élevé. » A moyen terme, rappelle le fondateur du site d’analyse des finances publiques Fipeco, ce n’est pas le niveau de la dette qui importe mais sa trajectoire. Autrement dit, la capacité du pays à stabiliser son endettement par rapport au PIB, donc à la croissance.
A Bercy, l’Agence France Trésor (AFT) est chargée de gérer les 2 300 milliards € de dette de l’Etat. « A ce stade, nous n’avons pas d’inquiétude, indique Anthony Requin, son directeur général. Nous avons renoué avec les pratiques mises en place après la crise de 2008, qui nous apportent un surcroît de souplesse lors de nos émissions de dette : nous pouvons modifier la taille des montants empruntés en fonction de la demande et du profil des marchés. »
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« Il y a forcément de l’argent quelque part »
La France a revu à la hausse son besoin de financement dans le budget rectificatif voté en urgence par le Parlement, fin mars : il a été augmenté de 15 milliards €. Cette année, l’AFT va donc gonfler d’autant les sommes empruntées sur les marchés (quelque 200 milliards €). Le déficit – à savoir la différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat – devrait passer de 93 à 108 milliards. Au moins...
« La situation sera réévaluée à l’été, détaille M. Requin. Nous dirigeons un énorme paquebot. Nous ne pouvons pas décider d’emprunter brutalement en une seule fois plusieurs dizaines de milliards d’euros, cela provoquerait trop de perturbations sur les marchés. Mais la dette de la France demeure recherchée, il n’y a pas de problème pour emprunter. » De fait, la dette française est « liquide » – elle se revend facilement – et attractive par rapport à celle de pays voisins. « La dette, c’est toujours relatif : il y a forcément de l’argent quelque part, et les investisseurs ont besoin de le placer », pointe M. Ecalle.

Pour autant, alors que la dette a déjà temporairement dépassé les 100 % du PIB en 2019, pas question à Bercy de laisser prospérer l’idée d’argent magique. « A un instant T, on peut décider collectivement de lever temporairement les contraintes budgétaires, et c’est ce que la zone euro vient de décider de faire, pour protéger nos économies. Car la capacité de l’Etat à collecter l’impôt dépend in fine du niveau de richesse produite par les entreprises et les salariés. Mais une fois la crise passée, la France devra de nouveau démontrer la crédibilité de sa politique économique auprès des investisseurs », souligne le patron de l’AFT.
Pour Francois Ecalle, « le véritable risque, c’est que les taux remontent d’un coup parce que les investisseurs craignent un éclatement de la zone euro ». « La Banque centrale européenne peut prêter à un Etat [en rachetant ses dettes] en quantité illimitée, ajoute-t-il. Mais pour cela, il faut que la cohésion soit maintenue au sein de la zone euro. C’est tout l’enjeu des discussions actuelles entre gouvernements. » Raymond Soubie ne dit pas autre chose : « En 2008, la crise avait pu être surmontée grâce à une unité européenne très forte. Là, elle tarde à se réaliser… »

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/03/face-au-cout-astronomique-de-la-crise-la-cruciale-capacite-de-la-france-a-se-financer_6035406_3234.html
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Série : c'est pire

La crise fait plonger le déficit budgétaire
Mardi, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé qu’il attendrait − 220 milliards € en 2020.
Par Bertrand Bissuel. Publié le 3.06.2020
Les finances de l’Etat ne cessent de s’enfoncer dans le rouge, sous l’effet de la crise déclenchée par l’épidémie de Covid-19. Mardi 2 juin, Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, a dévoilé une nouvelle évaluation du déficit budgétaire pour 2020 : − 220 milliards €. Un montant stratosphérique, qui est supérieur de 36,5 milliards à celui inscrit dans le projet de loi de finances rectificatives adopté au Parlement en avril. Une fois de plus, l’exécutif a dû corriger ses prévisions, les incidences de la récession s’avérant encore plus négatives que celles anticipées il y a quelques semaines.
M. Darmanin a présenté ces chiffres alors qu’il était auditionné, mardi, par la commission des finances et par celle des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Un trou d’une telle ampleur dans les caisses de l’Etat a peu d’équivalent dans notre histoire.
Pour spectaculaire qu’elles soient, les données révélées mardi ne constituent pas tout à fait une surprise. Quelques heures plus tôt, le ministère des comptes publics avait publié d’autres statistiques, elles aussi éloquentes : à la fin avril, le déficit budgétaire a atteint − 92,1 milliards €, soit presque 25 milliards de plus par rapport au solde enregistré un an plus tôt. Un écart qui, selon Bercy, « s’explique notamment » par l’impact du brutal ralentissement de l’activité, à partir de la mi-mars.

« Le plus dur est devant nous »
Pour amortir le choc, les pouvoirs publics ont accru leurs « dépenses d’intervention », par exemple en participant au financement du chômage partiel (+ 5,5 milliards €) et en alimentant un « fonds de solidarité pour les entreprises » (+ 1,5 milliard €). Les recettes de l’Etat, elles, ont souffert du coup de frein infligé à l’économie : les rentrées liées à la TVA ont dégringolé (− 11,3 milliards par rapport à la fin avril 2019), en raison de la chute de la consommation mais aussi de « l’accélération des remboursements » de cette taxe. De même, l’impôt sur les sociétés a vu son rendement baisser (de 4,3 milliards), en grande partie à cause des « reports de paiement des échéances fiscales ».
Le fait que M. Darmanin revoie à la hausse sa projection de déficit est d’autant moins étonnant que la récession s’annonce pire que prévu : elle pourrait déboucher sur une diminution du produit intérieur brut (PIB) de 11 % en 2020, a indiqué, mardi, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie. Jusqu’à maintenant, le gouvernement évoquait plutôt un ratio de − 8 %. « Le plus dur est devant nous », a admis M. Le Maire.
Dans ce contexte, « le déficit devrait passer mécaniquement à presque 11 % du PIB », pronostique M. Ecalle. En prenant en considération les « mesures nouvelles » qui doivent être annoncées prochainement pour stimuler l’activité, ce ratio pourrait même, selon lui, se rapprocher de 12 %, soit bien au-dessus de la barre des 3 % fixée dans le traité de Maastricht.

Le fardeau financier endossé par l’Etat est, certes, « extrêmement important mais on sait pourquoi on le fait et comment on le finance », temporise Laurent Saint-Martin, député LRM du Val-de-Marne et rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale. L’objectif est de soutenir l’économie, ce qui passe par un recours à la dette. Même si les sommes en jeu s’avèrent colossales, il ne faut pas céder au catastrophisme, pour le député macroniste : les taux d’intérêt sur les marchés sont bas, ce qui offre des « facilités » pour emprunter à moindre coût. Et la « signature de la France » – son image vis-à-vis des investisseurs – reste « excellente », souligne-t-il.
Présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault se montre un peu moins affirmative que son collègue LRM : d’après elle, le risque que notre pays se heurte à des difficultés accrues pour lever des fonds sur les places financières « n’est pas que théorique ». L’important, ajoute-t-elle, est de faire repartir la croissance (..). « Tout retard pris dans la relance est un retard pris sur le rééquilibrage de nos finances publiques ou, à tout le moins, sur la résorption des déficits », complète Eric Woerth, député LR et président de la commission des finances à l’Assemblée.
Des dispositions ont déjà été arrêtées pour épauler plusieurs secteurs durement touchés (tourisme, hôtellerie-restauration, industrie automobile). D’autres doivent être présentées, le 10 juin, dans le cadre d’un projet de loi de finances rectificatives – le troisième depuis le début de la crise. Elles concerneront notamment l’aéronautique, a précisé, mardi, M. Le Maire, tout en incluant des compensations financières allouées aux collectivités locales.
https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/06/03/la-crise-fait-plonger-le-deficit-budgetaire_6041617_823448.html
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L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €
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